
Berserk, tome 35
de Kentaro Miura
4,5/5selon la rédaction
4,9/5 sur Amazon, 431 évaluations, relevé en septembre 2026
Un volume sombre et très physique, particulièrement réussi dans l’horreur maritime, mais difficile à apprécier sans connaître les tomes précédents.
En bref
Guts et ses compagnons poursuivent leur voyage en mer vers Elfhelm, avec l’espoir d’y trouver un refuge pour Casca. Leur traversée prend une tournure cauchemardesque lorsqu’une menace surnaturelle surgit des profondeurs. Le récit privilégie l’action, l’horreur et la survie, tout en maintenant la tension autour de l’état de Casca et du rôle de Guts comme protecteur.
À propos du livre
Ce tome développe l’un des épisodes les plus horrifiques du voyage de Guts. La mer, d’abord simple espace de transition, devient un territoire hostile où la menace ne vient plus seulement des hommes ou des créatures rencontrées sur la terre ferme. Cette évolution élargit l’univers de Berserk sans abandonner ses thèmes familiers : la vulnérabilité des corps, la persistance du traumatisme et la nécessité de protéger les autres malgré l’épuisement. Le fantastique conserve ainsi une dimension concrète et presque physique.
La narration repose largement sur une montée de la peur, interrompue par des affrontements d’une grande violence. Kentaro Miura alterne les scènes de groupe, les visions cauchemardesques et les moments où Guts doit agir presque seul. Son dessin donne une place essentielle aux textures, aux masses et aux transformations monstrueuses. Les décors marins permettent aussi un travail particulier sur l’obscurité et la profondeur, avec des planches où l’espace semble constamment se refermer sur les personnages.
Le tome s’inscrit dans la longue période consacrée à la quête d’un lieu sûr pour Casca et à la formation progressive d’un groupe autour de Guts. Il ne constitue donc pas une porte d’entrée dans la série, mais prolonge directement les enjeux installés auparavant. Par rapport aux volumes centrés sur les guerres humaines, celui-ci déplace le conflit vers une horreur plus mythologique, tout en conservant la brutalité et le pessimisme qui caractérisent la série.
La réputation de ce volume tient surtout à son atmosphère et à l’ampleur visuelle de son adversaire. Miura transforme une étape de voyage en épreuve autonome, avec un sentiment de siège et de désorientation qui fonctionne particulièrement bien en format manga. Cette efficacité a toutefois un revers : l’épisode avance peu certains fils narratifs secondaires et laisse une impression de transition. Sa force vient moins des révélations que de la manière dont il intensifie la menace et l’usure du groupe.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de dark fantasy qui apprécient les affrontements monstrueux, l’horreur corporelle et les univers marqués par la fatalité.
- Les lecteurs déjà engagés dans Berserk, qui souhaitent suivre le voyage vers Elfhelm et l’évolution du groupe de Guts.
- Les amateurs de manga accordant une grande importance au dessin, aux compositions spectaculaires et aux atmosphères oppressantes.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent un récit indépendant, car ce tome dépend fortement des événements et des personnages développés dans les volumes précédents.
- Les lecteurs peu à l’aise avec la violence graphique ou les intrigues qui progressent lentement pendant un long épisode d’action.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- L’horreur maritime renouvelle efficacement les menaces surnaturelles de Berserk.
- Les planches donnent une puissance visuelle remarquable aux créatures, aux affrontements et aux espaces plongés dans l’obscurité.
- La relation entre Guts, Casca et leurs compagnons conserve une tension émotionnelle au milieu de l’action.
Ce qui coince
- Le tome fonctionne surtout comme une partie d’un arc plus vaste et offre peu d’autonomie narrative.
- La succession de combats et de visions cauchemardesques peut ralentir la progression des intrigues secondaires.
Fiche technique
- Auteur
- Kentaro Miura
- Éditeur
- Glénat
- Parution
- 2010
- Format
- Broché
- Prix éditeur
- 7,20 €
- ISBN
- 9782723484077
Par la rédaction de Livres et pensées.