
Berserk, tome 34
de Kentarō Miura
4/5selon la rédaction
4,9/5 sur Amazon, 445 évaluations, relevé en septembre 2026
Un volume de bascule, marqué par la recomposition du monde et l’écart grandissant entre Guts et Griffith.
En bref
Après les bouleversements qui ont transformé le monde, Griffith affirme davantage son pouvoir et rassemble autour de lui une nouvelle force. De son côté, Guts poursuit sa route avec ses compagnons, dans un univers où les menaces surnaturelles et les conflits humains se mêlent étroitement.
À propos du livre
Ce tome travaille d’abord les conséquences d’un changement d’échelle. L’affrontement ne concerne plus seulement quelques guerriers ou une troupe mercenaire : il engage désormais l’organisation du monde, la place des humains et l’irruption ouverte de forces monstrueuses. Miura oppose la construction méthodique du pouvoir de Griffith à la progression plus précaire de Guts. Cette opposition donne au volume une portée politique et mythologique, sans abandonner la violence concrète qui caractérise la série.
La narration alterne les espaces et les groupes, ce qui produit un effet de contraste permanent. Les scènes consacrées à Griffith privilégient la monumentalité, les rassemblements et la lisibilité d’un pouvoir en expansion. Celles qui suivent Guts restent plus physiques, tendues et fragmentées, avec une attention portée aux réactions du groupe et aux dangers immédiats. Le dessin de Miura amplifie ces écarts, passant de compositions spectaculaires à des silhouettes déformées et des décors d’une grande densité.
Le tome s’inscrit dans la phase où Berserk élargit son récit de vengeance vers une fresque de fantasy sombre, structurée par la guerre, la religion et la métamorphose du réel. Cette évolution peut séduire par son ampleur, mais elle modifie aussi le rythme de la série : l’intimité des premiers arcs laisse davantage de place aux mouvements collectifs et aux enjeux cosmiques. Le volume vaut surtout comme charnière, parce qu’il prépare durablement la suite sans résoudre les tensions centrales.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de dark fantasy qui apprécient les récits de guerre, de pouvoir et de transformation du monde.
- Les lecteurs déjà engagés dans Berserk, intéressés par l’évolution de l’opposition entre Guts et Griffith et par l’élargissement de l’univers.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent un récit autonome, car ce tome dépend fortement des événements et des relations établis dans les volumes précédents.
- Les lecteurs attachés au rythme resserré et à l’atmosphère plus intime des débuts, ici remplacés en partie par une narration plus monumentale.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le volume donne une ampleur politique et mythologique nouvelle au conflit central.
- L’alternance entre la trajectoire de Guts et l’ascension de Griffith structure efficacement le récit.
- Le dessin oppose avec force scènes de masse, architectures imposantes et visions monstrueuses.
Ce qui coince
- L’intrigue avance par prolongements et préparatifs, ce qui peut donner une impression de transition plutôt que d’aboutissement.
- La multiplication des enjeux et des figures surnaturelles réduit parfois la place accordée aux personnages secondaires.
Fiche technique
- Auteur
- Kentarō Miura
- Éditeur
- Glénat
- Parution
- 1989
- Format
- Broché
- Prix éditeur
- 7,20 €
- ISBN
- 9782723480741
Par la rédaction de Livres et pensées.