
Berserk, tome 2
de Kentarō Miura
4,5/5selon la rédaction
4,8/5 sur Amazon, 1 100 évaluations, relevé en septembre 2026
Un deuxième tome plus ample, qui installe la dimension tragique et guerrière de Berserk, malgré une violence parfois complaisante.
En bref
Guts poursuit son existence de mercenaire solitaire dans un monde médiéval dominé par la guerre et les créatures démoniaques. Ce tome approfondit son passé et son rapport aux hommes qui croisent sa route, tout en donnant davantage de place à Griffith et à la Bande du Faucon. Le récit mêle affrontements brutaux, rivalités militaires et construction d’un destin hors norme. Le registre reste celui d’un seinen sombre, entre fantasy médiévale, drame guerrier et horreur.
À propos du livre
Ce deuxième volume élargit considérablement l’horizon du premier. L’histoire ne repose plus seulement sur la traque de monstres et les combats isolés de Guts : elle s’intéresse aux rapports de force, à la hiérarchie militaire et aux ambitions qui organisent ce monde. La violence y devient aussi un instrument social et politique, ce qui donne au manga une portée plus tragique que son apparence de récit d’aventures sanglant.
Kentarō Miura alterne les scènes d’action très lisibles avec des moments consacrés aux personnages et à leurs motivations. Son dessin accorde une place importante aux corps, aux armes, aux armures et aux décors de bataille, avec un goût marqué pour les contrastes entre grandeur épique et brutalité. Certaines expressions et certains débordements gore peuvent sembler appuyés, mais ils participent à l’identité visuelle de la série.
Le tome commence à installer les fondations de la grande trajectoire de Guts et de sa relation avec Griffith. Cette progression donne au personnage principal une épaisseur que le premier volume laissait davantage dans l’ombre, sans renoncer à l’énergie directe du manga d’action. L’univers reste encore en construction, mais ses thèmes majeurs apparaissent déjà : la liberté, la domination, la loyauté et le prix du pouvoir.
Berserk s’est imposé par cette combinaison peu commune de fantasy noire, de fresque militaire et de drame psychologique. Ce volume en montre déjà la force, notamment dans la tension entre le destin individuel de Guts et les ambitions collectives de la Bande du Faucon. La narration peut toutefois paraître plus démonstrative que subtile, et la violence graphique ne conviendra pas à tous les lecteurs.
Pour qui
À lire si
- Aux lecteurs de seinen qui recherchent une fantasy médiévale sombre, violente et portée par des personnages aux motivations conflictuelles.
- Aux amateurs de récits de guerre et de rivalités de pouvoir, sensibles au dessin détaillé et aux affrontements chorégraphiés.
- À ceux qui veulent découvrir la construction progressive d’une grande fresque, plutôt qu’une succession d’aventures indépendantes.
À éviter si
- Aux lecteurs rebutés par le gore, la cruauté graphique et une représentation parfois très appuyée de la violence.
- À ceux qui préfèrent une fantasy légère ou des personnages immédiatement développés avec davantage de retenue.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- La relation entre Guts et Griffith gagne en profondeur et structure progressivement le récit.
- Les scènes de bataille combinent lisibilité de l’action, précision graphique et sens de la mise en scène.
- L’univers articule efficacement fantasy noire, drame humain et réflexion sur la liberté.
Ce qui coince
- La violence graphique et certains effets de provocation peuvent prendre le pas sur la nuance.
- L’exposition des enjeux et des personnages reste parfois directe, avec une caractérisation encore inégale.
Fiche technique
- Auteur
- Kentarō Miura
- Éditeur
- Glénat
- Parution
- 1990
- Format
- Broché
- Prix éditeur
- 7,20 €
- ISBN
- 9782723448147
Par la rédaction de Livres et pensées.