
Berserk, tome 18
de Kentarō Miura
4,5/5selon la rédaction
4,9/5 sur Amazon, 615 évaluations, relevé en septembre 2026
Un tome sombre et nerveux, qui approfondit la violence du monde de Guts et la complexité de ses alliances.
En bref
Guts poursuit sa route dans un univers ravagé par les forces démoniaques, où la survie exige autant de ruse que de puissance. Ce tome fait progresser sa quête tout en développant les tensions entre les différents groupes qui l’entourent, dans un registre de dark fantasy violent et tragique.
À propos du livre
Ce volume s’inscrit dans la grande phase de transition de Berserk, alors que la quête personnelle de Guts se confronte à des enjeux plus vastes. La violence n’y est jamais seulement spectaculaire : elle révèle la fragilité des corps, la brutalité des institutions et les compromis imposés par la peur. Le manga continue ainsi d’opposer la volonté individuelle à un monde qui semble organisé pour broyer ceux qui refusent de se soumettre.
La construction alterne affrontements, déplacements et moments de tension plus silencieuse. Miura sait ralentir après une scène d’action pour montrer les conséquences physiques et psychologiques de la violence, puis relancer le récit avec une menace nouvelle. Son dessin repose sur des contrastes marqués, entre paysages oppressants, architectures inquiétantes et créatures d’une grande précision graphique. La lisibilité reste solide malgré la densité des planches.
Ce tome confirme la singularité de Berserk dans le seinen de fantasy. L’œuvre ne se contente pas d’emprunter à l’heroic fantasy ses monstres et ses batailles : elle s’intéresse à la culpabilité, au fanatisme, au désir de vengeance et à la possibilité très incertaine de faire confiance. Cette gravité peut rendre certains passages éprouvants, mais elle donne aussi au récit une portée durable, au-delà de son efficacité horrifique.
La réputation de la série tient à cette combinaison entre ampleur romanesque et matérialité du dessin. Chaque combat engage les personnages dans leur chair, tandis que les échanges et les silences nourrissent une atmosphère de menace constante. Le tome 18 ne constitue pas une porte d’entrée idéale, car il dépend fortement des volumes précédents, mais il récompense les lecteurs qui suivent la progression morale et narrative de Guts sur le long terme.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de seinen et de dark fantasy qui apprécient les récits violents, pessimistes et construits sur plusieurs arcs narratifs.
- Les amateurs de mangas accordant autant d’importance au dessin, à l’atmosphère et aux dilemmes moraux qu’aux scènes d’action.
- Les lecteurs déjà engagés dans Berserk, qui souhaitent suivre l’évolution de Guts et de ses relations avec les autres protagonistes.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent un manga léger ou une aventure héroïque fondée sur des victoires nettes risquent de trouver son univers trop sombre et cruel.
- Les personnes qui découvrent la série avec ce volume manqueront une grande partie des enjeux et de la portée émotionnelle du récit.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le dessin donne une présence physique remarquable aux combats, aux décors et aux créatures.
- La violence sert les conflits moraux et psychologiques au lieu de se réduire à un effet spectaculaire.
- Le récit maintient une tension forte tout en développant progressivement ses personnages et ses enjeux.
Ce qui coince
- La noirceur persistante et certaines scènes très graphiques peuvent rendre la lecture éprouvante.
- Ce tome repose fortement sur les volumes précédents et offre peu de repères aux nouveaux lecteurs.
Fiche technique
- Auteur
- Kentarō Miura
- Éditeur
- Glénat
- Parution
- 1989
- Format
- Broché
- Prix éditeur
- 7,20 €
- ISBN
- 9782723454414
Par la rédaction de Livres et pensées.