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Livres et pensées
Couverture de Berserk, tome 17

Berserk, tome 17

de Kentaro Miura

4,5/5selon la rédaction

4,9/5 sur Amazon, 666 évaluations, relevé en septembre 2026

Un volume sombre et dense, qui approfondit la violence religieuse et morale de Berserk, au prix d’un récit parfois très éprouvant.

En bref

Guts poursuit sa route dans un monde ravagé par la peur, les croyances et les manifestations surnaturelles. Sa quête personnelle le conduit au cœur de l’arc de la Conviction, où les autorités religieuses, les exclus et les victimes se retrouvent pris dans une même spirale de violence. Kentaro Miura mêle horreur, dark fantasy et réflexion sur le fanatisme. Le volume privilégie une atmosphère oppressante, des affrontements brutaux et des personnages confrontés à leurs contradictions.

À propos du livre

Ce tome explore la manière dont la religion peut devenir un instrument de contrôle, mais aussi un refuge pour des populations terrorisées. La foi n’y est jamais présentée comme un simple décor : elle structure les rapports de pouvoir, justifie la persécution et donne un sens aux souffrances que les personnages cherchent à supporter. Berserk oppose ainsi les institutions, qui prétendent imposer un ordre, à une réalité profondément chaotique et monstrueuse.

La construction alterne progression du récit, scènes de tension et séquences d’action très longues. Miura sait faire monter l’angoisse par les décors, les silences et les expressions des personnages avant de laisser éclater une violence graphique. Cette puissance visuelle s’accompagne d’un goût marqué pour l’excès, qui donne au volume une identité forte mais peut aussi rendre certaines scènes difficiles à suivre ou à recevoir.

Le tome s’inscrit dans une phase où Berserk élargit son propos au-delà du destin individuel de Guts. Les traumatismes de la guerre et de la trahison restent présents, mais ils rencontrent désormais des enjeux collectifs : la peur des foules, la culpabilité, la marginalisation et la fabrication des hérétiques. Cette évolution donne davantage d’ampleur à l’univers, tout en conservant la noirceur qui définit la série.

La réputation de Berserk repose en grande partie sur cette combinaison entre imaginaire médiéval, horreur corporelle et questionnement moral. Le dessin atteint une précision remarquable dans les décors et les créatures, tandis que les corps portent physiquement la souffrance des personnages. Ce dix-septième tome demande toutefois d’accepter une violence omniprésente et une vision de l’humanité où l’espoir demeure toujours précaire.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs de dark fantasy qui apprécient les univers médiévaux détaillés, les créatures cauchemardesques et les affrontements graphiques.
  • Les lecteurs intéressés par les récits qui interrogent le fanatisme, la culpabilité et les mécanismes de persécution.
  • Les amateurs de mangas à forte ambition visuelle, prêts à suivre une série longue et profondément sombre.

À éviter si

  • Les lecteurs qui recherchent une fantasy légère ou un récit centré sur l’évasion, car la violence et le désespoir dominent largement ce volume.
  • Les lecteurs sensibles aux représentations horrifiques et aux scènes de cruauté, particulièrement nombreuses et graphiques.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • L’imaginaire religieux et horrifique donne une profondeur collective à la quête de Guts.
  • Le dessin distingue avec précision les décors médiévaux, les foules et les créatures surnaturelles.
  • La mise en scène fait alterner malaise, attente et déchaînement de violence avec une réelle maîtrise.

Ce qui coince

  • L’accumulation de scènes brutales peut produire une forme de saturation et réduire l’impact de certaines images.
  • La densité de l’action et la complexité de l’univers rendent ce tome moins accessible aux lecteurs qui découvriraient la série ici.

Fiche technique

Auteur
Kentaro Miura
Éditeur
Glénat
Parution
1989
Format
Broché
Prix éditeur
7,20 €
ISBN
9782723454407

Par la rédaction de Livres et pensées.