
Berserk, tome 05
de Kentarō Miura
4,5/5selon la rédaction
4,9/5 sur Amazon, 940 évaluations, relevé en septembre 2026
Un volume central de l’arc de l’Âge d’or, où la guerre et les ambitions personnelles prennent une dimension de plus en plus sombre.
En bref
Guts poursuit son parcours au sein de la Troupe du Faucon, engagée dans une nouvelle phase de son ascension militaire. Entre batailles, rivalités et liens affectifs instables, le volume approfondit les ambitions de Griffith et la place de Casca dans ce groupe soudé par la violence.
À propos du livre
Ce cinquième volume développe le conflit entre le destin collectif de la Troupe du Faucon et les ambitions singulières de Griffith. La guerre n’y est pas seulement un décor spectaculaire : elle devient un moyen de mesurer la loyauté, la hiérarchie et le prix d’un rêve personnel. Guts, de plus en plus reconnu pour ses capacités, reste pourtant en décalage avec le projet qui rassemble ses compagnons. Cette tension donne au récit une portée tragique sans réduire les personnages à de simples figures héroïques ou guerrières.
Kentarō Miura alterne les affrontements très lisibles, les scènes de camp et les échanges plus intimes. Le dessin accorde une grande attention aux armures, aux chevaux et aux mouvements de masse, tout en conservant une expressivité marquée dans les visages. La violence est graphique, mais elle sert aussi à montrer l’usure physique et morale des combattants. Le rythme ménage des pauses avant de relancer l’action, ce qui permet aux rapports entre Guts, Griffith et Casca de peser autant que les résultats des batailles.
Ce tome appartient encore pleinement à l’Âge d’or, la grande séquence consacrée aux années de formation de Guts et à son intégration dans la Troupe du Faucon. Par rapport aux premiers volumes, qui installaient surtout l’univers et la figure du guerrier noir, il privilégie une construction plus ample, fondée sur la durée et l’évolution des rapports de force. Il constitue ainsi une étape importante dans la transformation de Berserk en fresque tragique, où l’aventure médiévale côtoie déjà l’horreur et le surnaturel.
La réputation de Berserk repose notamment sur cette capacité à associer une imagerie dark fantasy très travaillée à des conflits psychologiques durables. Ce volume en offre une illustration convaincante : les scènes de combat ont une vraie fonction narrative et les relations entre les personnages ne servent pas seulement d’intermèdes. Certaines transitions restent toutefois abruptes, et la surenchère de violence peut donner une impression de lourdeur à ceux qui recherchent une fantasy plus mesurée. Pour les lecteurs déjà engagés dans la série, l’ensemble renforce nettement les enjeux de l’Âge d’or.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de seinen qui apprécient les récits de guerre où les rivalités personnelles comptent autant que les batailles.
- Les amateurs de dark fantasy prêts à suivre une construction longue, violente et progressivement plus tragique.
- Les lecteurs attentifs au dessin, notamment aux scènes de combat et à l’évolution visuelle des personnages.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent une intrigue autonome, car ce volume s’inscrit dans une continuité étroite.
- Les personnes sensibles à la violence graphique ou rebutées par une vision très sombre des rapports humains.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Les batailles font avancer les rapports de force au lieu de se limiter à l’action spectaculaire.
- La relation entre Guts, Griffith et Casca gagne en complexité sans perdre sa lisibilité.
- Le dessin combine précision des décors, efficacité des combats et expressivité des visages.
Ce qui coince
- La lecture demande de connaître les volumes précédents et laisse peu de place à une découverte indépendante.
- La violence et la noirceur, parfois insistantes, peuvent alourdir certaines séquences.
Fiche technique
- Auteur
- Kentarō Miura
- Éditeur
- Glénat
- Parution
- 1989
- Format
- Broché
- Prix éditeur
- 7,20 €
- ISBN
- 9782723449045
Par la rédaction de Livres et pensées.