
Batman : War Games, partie 1
de Ed Brubaker, Devin Grayson, Andersen Gabrych et A. J. Lieberman
3,5/5selon la rédaction
4,1/5 sur Amazon, 4 évaluations, relevé en septembre 2026
Un crossover urbain et sombre, riche en tensions entre héros, mais desservi par une construction très éclatée.
En bref
À Gotham, Batman met au point un plan destiné à neutraliser durablement les gangs de la ville. Lorsque Spoiler tente de s’en servir pour prouver sa valeur, la stratégie dégénère en guerre ouverte, impliquant les principaux membres de la famille Batman.
À propos du livre
Cette première partie installe une intrigue de criminalité urbaine à grande échelle, où la question de la sécurité de Gotham rejoint celle du contrôle exercé par Batman sur ses alliés. Le livre s’intéresse moins à un affrontement simple entre le bien et le mal qu’aux effets d’une stratégie secrète, aux rivalités entre justiciers et aux conséquences d’une décision prise sans l’accord du groupe.
La construction est celle d’un crossover : plusieurs séries, plusieurs points de vue et plusieurs scénaristes se relaient pour faire progresser un même conflit. Cette ampleur donne à l’histoire une vraie densité, mais rend la lecture parfois difficile à suivre, notamment lorsque les relations entre les personnages supposent une bonne connaissance de la continuité de Batman au début des années 2000.
Le ton est plus sombre et plus violent que celui d’une aventure autonome de Batman. Les auteurs privilégient les tensions internes, les luttes de pouvoir et la dégradation progressive de l’ordre urbain. Les dessinateurs proposent une vision nerveuse et souvent très physique de Gotham, avec des styles variables qui renforcent l’impression de feuilleton, tout en nuisant parfois à l’unité visuelle de l’ensemble.
War Games occupe une place représentative dans les grands récits collectifs de Batman des années 2000 : l’événement modifie durablement les rapports entre les personnages et met à l’épreuve la cohésion de leur groupe. Sa réputation tient à son ambition et à la noirceur de ses enjeux, mais aussi à une réception partagée face à certains choix de caractérisation et à son organisation éditoriale.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui apprécient les grands récits choraux de Batman et les intrigues centrées sur les gangs, la stratégie et les rapports de pouvoir.
- Les amateurs de la famille Batman, prêts à suivre plusieurs séries et de nombreux personnages dans une histoire conçue comme un événement de continuité.
- Les lecteurs familiers de l’univers DC des années 2000, qui saisiront mieux les tensions entre les différents justiciers.
À éviter si
- Les lecteurs qui cherchent une aventure indépendante, avec un héros central clairement identifié et peu de prérequis de continuité.
- Les lecteurs sensibles à une grande homogénéité graphique ou à une progression linéaire risquent de trouver le crossover dispersé.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le récit exploite efficacement les tensions entre Batman et ses alliés plutôt que de réduire le conflit à une simple opposition avec les criminels.
- La multiplication des points de vue donne une ampleur réelle à la guerre des gangs et montre ses effets sur plusieurs secteurs de Gotham.
- L’ambiance sombre et la dimension stratégique distinguent l’album d’une aventure de super-héros plus classique.
Ce qui coince
- Le nombre de personnages et de séries imbriquées rend certains enchaînements difficiles à suivre sans connaître la continuité préalable.
- Les changements de scénaristes et de dessinateurs produisent une œuvre inégale, dont l’ambition narrative ne s’accompagne pas toujours d’une unité formelle.
Fiche technique
- Auteur
- Ed Brubaker, Devin Grayson, Andersen Gabrych et A. J. Lieberman
- Éditeur
- Urban Comics
- Parution
- 2004
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 32,00 €
- ISBN
- 9782365778756
Par la rédaction de Livres et pensées.