
Baisers de cinéma
de Éric Fottorino
4/5selon la rédaction
3,8/5 sur Amazon, 38 évaluations, relevé en septembre 2026
Un roman des origines délicat, porté par une écriture élégante, mais parfois plus contemplative que dramatique.
En bref
Le narrateur cherche à retrouver la trace de sa mère, dont il ne possède que des images liées au cinéma. Cette quête des origines l’entraîne dans un univers de souvenirs, de projections et de silences familiaux.
À propos du livre
Le roman explore la filiation à travers le manque et l’imaginaire. Le cinéma n’y sert pas seulement de décor : il devient une manière de conserver les êtres, de transformer des fragments de réalité en images durables et de combler les blancs d’une histoire personnelle. Cette perspective donne au récit une tonalité mélancolique, attentive aux traces ténues et aux liens qui se reconstruisent à partir d’hypothèses.
La construction privilégie l’atmosphère et la progression intérieure plutôt qu’une succession d’événements fortement dramatisés. Éric Fottorino travaille une prose souple, visuelle et précise, qui associe la retenue à une certaine ampleur lyrique. Les souvenirs, les images de films et les silences composent un récit où la quête avance autant par perception et association que par révélations.
Baisers de cinéma s’inscrit dans les romans de Fottorino consacrés à la mémoire, à l’identité et aux héritages familiaux. Le livre se distingue toutefois par la place donnée au regard cinématographique, qui brouille volontairement la frontière entre ce qui a été vécu et ce qui a été imaginé. Cette matière intime reste accessible sans devenir strictement autobiographique.
La réputation du livre tient notamment à l’équilibre entre une histoire de filiation lisible et une ambition littéraire plus contemplative. Son obtention du prix Femina a attiré l’attention sur un roman qui mise davantage sur la résonance émotionnelle, les images et la qualité de la phrase que sur les rebondissements. Il demande donc une lecture disponible à la lenteur et aux nuances.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs intéressés par les récits de filiation, de mémoire et de quête des origines y trouveront une approche sensible et introspective.
- Les amateurs d’une prose littéraire, visuelle et mélancolique apprécieront la place accordée aux images et aux silences.
- Les lecteurs attirés par les liens entre cinéma, souvenirs et construction de soi pourront suivre cette recherche comme une enquête intérieure.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent une intrigue très rythmée ou de nombreux rebondissements peuvent trouver le récit trop contemplatif.
- Ceux qui préfèrent des personnages longuement développés par l’action plutôt que par la mémoire risquent de rester à distance.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le cinéma est intégré à la réflexion sur la mémoire et non utilisé comme un simple décor.
- L’écriture associe précision visuelle, retenue et tonalité mélancolique.
- La quête des origines progresse par les silences et les fragments, ce qui donne une vraie cohérence à la forme du récit.
Ce qui coince
- La progression intérieure ralentit parfois le récit et réduit la tension dramatique.
- Le lyrisme et la place accordée aux impressions peuvent donner une impression de distance à certains lecteurs.
Fiche technique
- Auteur
- Éric Fottorino
- Parution
- 2007
- Format
- Numérique
Par la rédaction de Livres et pensées.