
Au revoir et merci
de Jean d'Ormesson
3,5/5selon la rédaction
4,6/5 sur Amazon, 28 évaluations, relevé en septembre 2026
Un roman d’adieu élégant et méditatif, à recommander aux lecteurs sensibles aux jeux de mémoire et au charme conversationnel.
En bref
Un homme arrivé au terme de son existence se retourne sur son parcours et adresse un dernier regard aux êtres, aux événements et aux idées qui l’ont accompagné. Jean d’Ormesson compose un roman introspectif, où la méditation sur le temps, la mort et le souvenir passe par une écriture légère, ironique et volontiers mondaine.
À propos du livre
Le sujet du livre est moins une succession d’événements qu’un examen de conscience. Le narrateur observe ce que le temps fait aux ambitions, aux fidélités et aux illusions, sans transformer cette réflexion en démonstration philosophique. La mort donne son horizon au récit, mais l’auteur lui oppose une attention précise aux plaisirs de la conversation, aux nuances du sentiment et aux petits arrangements de la mémoire. Cette coexistence entre gravité et légèreté constitue l’un des enjeux principaux du roman.
La construction privilégie la parole et le mouvement de la pensée plutôt qu’une intrigue fortement tendue. Les souvenirs, les considérations générales et les portraits s’enchaînent avec une apparente liberté, selon une logique associative qui reproduit les détours d’une conscience occupée à faire ses adieux. Le style de Jean d’Ormesson repose sur des phrases souples, une ironie discrète et une élégance classique. Cette fluidité peut séduire, mais elle atténue parfois la puissance dramatique du récit.
Publié avant les romans qui ont durablement installé Jean d’Ormesson dans le paysage littéraire français, Au revoir et merci contient déjà plusieurs traits de son univers : le goût des grandes perspectives, la présence du temps historique, la fascination pour les destinées individuelles et une manière de traiter les sujets graves sans renoncer à la grâce. Le livre se situe ainsi à la rencontre du roman, de la confession indirecte et de l’essai moral.
Ce qui fait l’intérêt durable du texte tient à son ton plutôt qu’à une intrigue spectaculaire. Jean d’Ormesson y affirme une conception de la littérature fondée sur le plaisir de raconter, de relier les idées et de regarder la finitude sans pathos appuyé. Les lecteurs qui apprécient les récits d’introspection et les écrivains de conversation y trouveront une voix déjà reconnaissable. Ceux qui attendent une action soutenue ou une psychologie très fouillée pourront rester à distance.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui aiment les romans méditatifs consacrés au temps, au vieillissement et au bilan d’une existence.
- Les amateurs d’une prose élégante, classique et conversationnelle, où l’ironie tempère les sujets graves.
- Les lecteurs qui souhaitent découvrir les premiers livres de Jean d’Ormesson avant ses œuvres les plus connues.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une intrigue très construite, des rebondissements fréquents ou une forte tension dramatique.
- Ceux qui préfèrent une analyse psychologique directe et dépouillée des ornements du style.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le roman associe la réflexion sur la mort à un ton léger, sans réduire la gravité du sujet à un simple effet mélancolique.
- La prose se distingue par sa fluidité, son élégance et une ironie qui évite le pathos.
- La forme d’adieu permet de relier souvenirs personnels, méditation morale et regard sur le monde.
Ce qui coince
- La progression très réflexive peut donner une impression de dispersion aux lecteurs attachés à une intrigue resserrée.
- Le ton mondain et les détours de la conversation peuvent maintenir les personnages à une certaine distance affective.
Fiche technique
- Auteur
- Jean d'Ormesson
- Éditeur
- Gallimard
- Parution
- 1966
- Format
- Broché
- Prix éditeur
- 21,00 €
- ISBN
- 9782070292721
Par la rédaction de Livres et pensées.