
Astérix, tome 38 : La Fille de Vercingétorix
de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad
3,5/5selon la rédaction
4,6/5 sur Amazon, 5 200 évaluations, relevé en septembre 2026
Un album fidèle à l’esprit d’Astérix, porté par un thème adolescent et quelques trouvailles, sans retrouver toujours la force des classiques.
En bref
Le village gaulois accueille une adolescente mystérieuse, présentée comme la fille de Vercingétorix. Tandis que les Romains la recherchent, deux chefs gaulois rivaux s’intéressent à elle, entraînant Astérix et Obélix dans une nouvelle affaire.
À propos du livre
Cet album place la question de la transmission au centre de l’aventure. La jeune fille associée à Vercingétorix représente à la fois un héritage politique et une personnalité qui cherche à s’en affranchir. Le scénario aborde ainsi l’adolescence, l’autorité et la mémoire des figures historiques, tout en restant dans le cadre comique de la série. Le sujet donne une orientation actuelle à l’album, même si son traitement demeure volontairement simple et compatible avec les conventions d’Astérix.
Jean-Yves Ferri construit une intrigue faite de poursuites, de malentendus et de confrontations entre clans, avec les Romains comme force de pression familière. Les jeux de mots, les noms propres et les échanges rapides occupent une place importante, conformément aux habitudes de la série. Didier Conrad reprend efficacement les silhouettes, les expressions et le mouvement général du village. L’ensemble est lisible et rythmé, mais certaines situations comiques paraissent plus attendues que dans les albums les plus inventifs de René Goscinny et Albert Uderzo.
La Fille de Vercingétorix appartient à la période où Ferri et Conrad poursuivent la série après la disparition d’Albert Uderzo. L’album ne cherche pas à transformer profondément l’univers : il en conserve les lieux, les rapports de force et les mécanismes comiques, en ajoutant une héroïne adolescente au groupe des personnages centraux. Cette continuité explique son accessibilité, mais aussi sa prudence. Les lecteurs attachés à l’identité graphique et aux running gags de la série y retrouveront leurs repères, tandis que les amateurs des premiers albums pourront juger l’écriture moins mordante.
La réputation de cet épisode tient surtout à sa capacité à prolonger une formule connue sans la dénaturer. Le thème de la jeunesse offre quelques situations nouvelles, notamment dans les relations entre générations et dans la manière dont le village réagit à une figure qui lui échappe. En revanche, l’album reste dépendant du patrimoine qu’il prolonge : ses meilleurs passages fonctionnent par reconnaissance des codes, plutôt que par renouvellement radical. Il s’agit donc d’une continuation solide et accessible, davantage conçue pour maintenir un univers que pour en redéfinir les possibilités.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs qui souhaitent retrouver l’univers classique d’Astérix dans un album récent, avec ses personnages, ses jeux de mots et ses affrontements avec les Romains.
- Les jeunes lecteurs attirés par une héroïne adolescente confrontée à l’autorité et à un héritage familial encombrant.
- Les amateurs de bande dessinée franco-belge qui privilégient une lecture rapide, dialoguée et fondée sur des gags récurrents.
À éviter si
- Les lecteurs qui attendent la densité satirique, la précision des dialogues et l’inventivité narrative des albums écrits par René Goscinny risquent de trouver l’ensemble plus convenu.
- Ceux qui recherchent une réinvention graphique ou scénaristique de la série pourront rester à distance d’une formule très respectueuse des modèles établis.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- Le thème de l’adolescence introduit un point de vue différent dans les relations entre les générations du village.
- Le dessin de Didier Conrad conserve avec précision les silhouettes, les expressions et l’énergie visuelle propres à l’univers d’Astérix.
- La construction reste claire et accessible, avec une alternance régulière entre péripéties, jeux de mots et scènes collectives.
Ce qui coince
- Les gags et les oppositions entre personnages reprennent parfois des mécanismes déjà bien connus, ce qui réduit l’effet de surprise.
- Le scénario exploite son thème avec efficacité mais sans toujours lui donner une profondeur comparable aux meilleurs albums de la série.
Fiche technique
- Auteur
- Jean-Yves Ferri et Didier Conrad
- Éditeur
- Les Éditions Albert René
- Parution
- 2019
- Format
- Relié
- Prix éditeur
- 10,99 €
- ISBN
- 9782864973423
Par la rédaction de Livres et pensées.