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Livres et pensées
Couverture de Astérix chez les Pictes

Astérix chez les Pictes

de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad

3,5/5selon la rédaction

4,5/5 sur Amazon, 1 600 évaluations, relevé en septembre 2026

Une reprise respectueuse des codes d’Astérix, efficace dans ses gags et son dessin, mais moins surprenante que les albums fondateurs.

En bref

Lorsqu’un mystérieux Pict arrive au village gaulois, Astérix et Obélix l’accompagnent dans son pays, la Calédonie. Ce voyage les conduit à découvrir les clans pictes, leurs coutumes et les ambitions persistantes des Romains, dans une aventure construite sur le comique de situation et les jeux de mots.

À propos du livre

Cet album inaugure une nouvelle équipe créative après le retrait d’Albert Uderzo. Jean-Yves Ferri reprend le scénario et Didier Conrad le dessin, avec la difficulté de prolonger une série dont les personnages, les formules et les mécanismes comiques sont immédiatement reconnaissables. Le récit s’appuie sur un déplacement géographique qui permet d’introduire un peuple nouveau, ses clans, ses emblèmes et ses particularités, tout en conservant le cadre familier du village gaulois et la menace romaine.

La construction reprend une mécanique classique de la série : arrivée d’un étranger, incompréhensions culturelles, voyage, rencontres successives et affrontement final. Les jeux de mots liés aux noms pictes et les anachronismes historiques fournissent l’essentiel du comique verbal. Le dessin de Didier Conrad cherche la continuité avec la ligne d’Uderzo, dans les attitudes des personnages comme dans la lisibilité de l’action. Cette fidélité rend l’album immédiatement accessible, mais laisse peu de place à une véritable inflexion personnelle.

L’intérêt de l’album tient surtout à la manière dont il réactive les ressorts éprouvés d’Astérix sans modifier profondément leur équilibre. Les rapports entre Astérix, Obélix, le chef du village et les autres habitants restent au centre, tandis que le voyage offre un décor suffisamment distinct pour renouveler les situations. Le scénario privilégie la reconnaissance et la régularité : les lecteurs retrouvent les disputes, les baffes, les références historiques détournées et la conclusion attendue d’une aventure gauloise.

Dans l’histoire éditoriale de la série, cet album occupe une place particulière : il constitue le premier véritable test de la transmission d’Astérix à de nouveaux auteurs. Sa réception s’explique par ce double effet de continuité et de comparaison. Il respecte l’apparence et le rythme de la série, ce qui rassure les lecteurs attachés à ses codes, mais cette même prudence peut donner une impression de déjà-vu à ceux qui attendent l’inventivité narrative ou la densité satirique des meilleurs albums de Goscinny et Uderzo.

Pour qui

À lire si

  • Les lecteurs qui souhaitent découvrir la première aventure d’Astérix scénarisée et dessinée par une nouvelle équipe, dans le respect visuel et comique de la série.
  • Les jeunes lecteurs et les amateurs de bande dessinée franco-belge qui apprécient les jeux de mots, les personnages récurrents et les aventures autonomes.
  • Les lecteurs nostalgiques des albums classiques, à condition de rechercher d’abord la continuité plutôt qu’un renouvellement radical.

À éviter si

  • Les lecteurs qui attendent la virtuosité satirique et la richesse des meilleurs scénarios de René Goscinny risquent de trouver l’ensemble plus balisé.
  • Ceux qui recherchent une relecture moderne ou une évolution marquée des personnages pourraient être gênés par la fidélité très appuyée aux recettes de la série.

Forces et limites

Ce qui fonctionne

  • Le scénario reprend clairement les codes d’Astérix et reste compréhensible sans connaître les albums précédents.
  • Le cadre picte fournit un renouvellement visuel et culturel qui multiplie les situations comiques.
  • Le dessin de Didier Conrad assure une continuité lisible avec l’identité graphique de la série.
  • Les jeux de mots et les anachronismes restent nombreux, avec une efficacité variable mais cohérente avec l’esprit de la collection.

Ce qui coince

  • La fidélité aux albums classiques réduit la part de surprise et donne parfois au récit une construction prévisible.
  • Certains jeux de mots et personnages secondaires semblent davantage conçus comme des clins d’œil aux habitudes de la série que comme des éléments pleinement développés.

Fiche technique

Auteur
Jean-Yves Ferri et Didier Conrad
Éditeur
Éditions Albert René
Parution
2013
Format
Relié
Prix éditeur
10,99 €
ISBN
9782864972662

Par la rédaction de Livres et pensées.