
À rebrousse-temps
de Philip K. Dick
3,5/5selon la rédaction
3,9/5 sur Amazon, 63 évaluations, relevé en septembre 2026
Une dystopie spéculative inventive, plus intéressante par ses paradoxes temporels que par une intrigue parfois flottante.
En bref
Après la « phase Hobart », le temps s’écoule à rebours : les morts reviennent à la vie tandis que les vivants rajeunissent progressivement. Dans cette société bouleversée, Sebastian Hermes est chargé de retrouver les nouveaux ressuscités, dans un monde où les institutions, les croyances et les rapports sociaux doivent s’adapter à l’inversion du temps.
À propos du livre
Le roman ne traite pas le temps inversé comme un simple jeu de logique. Philip K. Dick en examine les conséquences concrètes sur la société : les morts deviennent une présence sociale, les existences suivent une trajectoire inhabituelle et les notions de naissance, de vieillissement et de disparition perdent leur évidence. Cette prémisse permet une réflexion sur l’identité et sur la fragilité des conventions qui organisent la vie collective.
La construction privilégie les situations paradoxales, les échanges d’idées et les décalages entre les personnages plutôt qu’une progression toujours tendue. Le style reste direct, parfois abrupt, avec cette tendance de Dick à faire surgir des questions métaphysiques au sein d’une intrigue de science-fiction. Les explications scientifiques importent moins que leurs effets psychologiques et politiques, même si certaines transitions peuvent donner une impression de dispersion.
Paru à la fin des années 1960, le livre appartient à une période où Philip K. Dick explore avec insistance la réalité instable, les croyances collectives et la possibilité d’un monde régi par des règles radicalement différentes. À rebrousse-temps est moins ample et moins maîtrisé que ses romans les plus réputés, mais il annonce clairement plusieurs de ses obsessions. Sa réputation tient surtout à la force de son idée centrale et à la manière dont elle déstabilise les catégories ordinaires.
Pour qui
À lire si
- Les lecteurs de science-fiction qui aiment les prémisses conceptuelles et les conséquences sociales d’une modification des lois du monde.
- Les lecteurs intéressés par les thèmes de l’identité, de la mort et de la réalité dans une forme romanesque spéculative.
- Les amateurs de Philip K. Dick qui souhaitent découvrir un roman moins célèbre, mais représentatif de ses préoccupations philosophiques.
À éviter si
- Les lecteurs qui recherchent une intrigue très linéaire, une construction parfaitement resserrée ou un suspense constant risquent de trouver le roman inégal.
- Les lecteurs peu sensibles aux spéculations métaphysiques peuvent rester à distance d’un récit où les idées prennent souvent le pas sur l’approfondissement psychologique.
Forces et limites
Ce qui fonctionne
- L’inversion du temps produit des conséquences sociales et existentielles examinées avec une réelle cohérence spéculative.
- Le roman transforme des notions familières, comme la naissance, la mort et le vieillissement, en problèmes philosophiques concrets.
- L’écriture directe et les dialogues permettent aux paradoxes conceptuels de rester lisibles malgré leur complexité.
Ce qui coince
- L’intrigue manque parfois de tension et semble se disperser au profit des idées.
- Les personnages sont moins développés que la situation qu’ils traversent, ce qui réduit parfois l’impact émotionnel du récit.
Fiche technique
- Auteur
- Philip K. Dick
- Éditeur
- J'ai lu
- Parution
- 1967
- Format
- Poche
- Prix éditeur
- 8,50 €
- ISBN
- 9782290365502
Par la rédaction de Livres et pensées.